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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 21:14

La ministre de l'Ecologie veut des gaz de schiste propres ou rien. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a hérité de ce dossier pourri, « demande l'arbitrage de Matignon », affirme la députée européenne Michèle Rivasi, qui a été reçue par la ministre ce mercredi. Sentant la colère gronder sur ce sujet, NKM aurait « pris la dimension politique » du sujet.

 

http://www.rue89.com/planete89/2011/02/02/nkm-en-appelle-a-matignon-sur-les-sales-gaz-de-schiste-188805

 

Communiqué d'un laboratoire du CNRS de Montpellier ( 31 janvier 2011 ) 

Les informations sur les gaz de schiste se précisent. Nous avons eu une réunion d'information au labo, à la suite de laquelle un communiqué vient d'être publié sur notre site web
(http://rubis.dstu.univ-montp2.fr/NEWSPIP/spip/).

Je t'envoie ci-joints 3 documents :
- Le communiqué du labo. C'est une première version susceptible d'évoluer : ne pas hésiter à le consulter de temps en temps.
- Un appel d'offre de Total publié les jours derniers pour trouver des partenaires pour leur permis "Montélimar" (dont ils demandent une extension vers le nord jusque vers Valence ; au sud il vient jusqu'à Montpellier).
- une publication américaine sur les risques liés à l'exploitation des gaz de schistes. L'auteur, Mark Zoback, est une sommité mondiale de l'étude de la mise sous contrainte et fracturation des roches.

N'hésite pas à diffuser ces documents!

 

Quelques commentaires :


- Le Causse est certainement le secteur où la probabilité de trouver des HC est la plus faible. Comme l'explique le texte du labo, le Jurassique n'y est pas mature et seul le Permien inférieur enfoui sous le Jurassique peut être un objectif. Mais ces bassins permiens enfouis ne sont pas présents partout (pas sous le sud-Larzac, en tout cas) et on ne sait pas si le Permien inf. y est présent. Par contre, les HC sont potentiellement beaucoup plus présents de l'autre côté de la faille des Cévennes, dans les garriques depuis l'Aude à l'Ardèche et jusqu'à la vallée du Rhône. Là, l'objectif est surtout le Lias supérieur (mais il peut y avoir des objectifs locaux dans le Carbonifère supérieur, le Permien inf. ou l'Oligocène).

 Si on se base sur le prix des différents permis (cf. texte du labo), les secteurs les plus prometteurs sont le long de
la marge cévenole du Gard et de l'Ardèche (Alès-Aubenas).


- Les nuisances potentielles de l'exploitation des gaz de schiste sont effectivement bien réelles et très importantes, en particulier concernant (i) l'occupation d'espace et l'attente aux paysages et (ii) l'utilisation et la pollution de l'eau. En fait, la nature de ces nuisances n'est pas fondamentalement différente de celles des exploitations des HC conventionnels. En particulier, l'hydrofracturation n'est pas une technique nouvelle et elle est fréquemment utilisée depuis plusieurs décennies. Ce qui change avec les gaz de schiste, c'est que, contrairement aux HC conventionnels qui sont présents dans des réservoirs de taille limitée avec des concentrations relativement importantes, on s'intéresse ici à des HC restés piégés dans leur roche-mère, c'est à dire faiblement concentrés mais pouvant être présents sur des surfaces très vastes ; d'où une emprise très vaste des nuisances. Concernant l'occupation de l'espace, il faut néanmoins savoir
que la photo du Colorado avec un puits tous les 2-300 m représente une situation extrême peu probable ici. En effet, l'exploitation "moderne" se fait par des forages horizontaux pouvant atteindre jusqu'à environ 2 km de long (cf. article de Zoback). De cette façon, à partir d'un site grand comme un terrain de foot, on peut exploiter par plusieurs forages dans différentes directions un cercle d'environ 2 km de diamètre (si la géométrie du gisement s'y prête). L'espacement des sites de forage est alors de quelques km et pas quelques centaines de mètres. Mais cela fait
quand même un nombre de sites et un réseau de pistes d'accès non négligeables, surtout si la zone exploitée est vaste. Pour l'eau, notre région est bien sûr extrêmement sensible du fait de la nature karstique de ses ressources : d'une part les forages devront traverser les aquifères karstiques pour aller chercher les HC plus bas, d'autre part
toute fuite d'un bac de rétention en surface peut avoir des conséquences dramatiques (des débordements de bacs de boues minières ont déjà eu lieu dans la région lors d'"épisodes cévenols").


- Le texte de Total précise leur programme : 2 ans d'exploration géologique, puis un forage d'exploration vertical, puis un forage d'exploration horizontal avec hydrofracturation. Si c'est positif, la demande de permis d'exploitation peut donc être faite dans 4-5 ans.
Bref, ça craint... En tout cas, on ne peut pas imaginer exploiter ça sans prendre des précautions extrêmes. Qui ne vont jamais d'elles mêmes, même quand la réglementation existe (cf. cet article de la semaine dernière sur les déchets nucléaires :
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/01/dechets-radioactifs-le-rapport-qui-flingue.html#tp).
 

  Prochain article:

Enquête publique sur le projet du Belvédère du cirque de navacelles, (côté Blandas)

 

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