Le Larzac a été au long des siècles qui nous ont précédés un territoire exceptionnel. Cette rencontre de l’espace et l’identité des personnes qui l’ont côtoyé.
A partir du traité de Meaux en 1229 les évêques de Lodève qui depuis longtemps déjà possèdent les droits régaliens dans leur diocèse , en deviennent eux mêmes suzerains.
A ce titre de seigneur dominant de son diocèse, le prélat reçoit l’hommage et le serment de fidélité des possesseurs de fiefs nobles. C’est à lui que doivent être payés les droits de lods, lorsqu’il est procède à des ventes de ces fiefs.
En fait ce n’est pas tout à fait exact. Son autorité ne s’exerce pas au Nord-Est et à l’Est de son diocèse. Il s’agit tout d’abord de saint guilhem (territoires de saint jean de fos, du coulet et du Mas de Gay, des Besses, de soulatgets et partie nord-est du terroir de la vacquerie.
Trois autres territoires, qui au XVIII siècle possèdent leur seigneurs particuliers, sont en dehors de la mouvance épiscopale, parce qu’ils faisaient partie autrefois de la juridiction de saint Guilhem ( Azirou, St Martin de Castries qui relevait du camérier de l’abbaye et Cambous qui relevait du cellérier).
Au Nord-Est également les seigneurs de Madières, de Navacelles et de la Baume Auriol prétendent également ne pas dépendre du diocèse de Lodève.
Par la suite les rois de France doivent intervenir à maintes reprises en faveur de l’évêque de Lodève. Ils demandent au sénéchal de Carcassonne de veiller à faire appliquer l’exécution de la sentence du parlement de 1281.
A la Vacquerie, l’évêque est seigneur que de la partie sud-ouest du terroir, ainsi que d’une portion du village. Le prélat lève la dîme dans les localités où il est seigneur. Pourtant à la Vacquerie la région Nord-Est où il est décimateur est différente de celle où il est seigneur.
Parmi les autres seigneurs ecclésiastiques du Lodèvois l’abbaye Bénédictine de saint Guilhem occupe la première place mais bien loin derrière Lodève.
A La Vacquerie aussi le chapitre de Saint Guilhem n’est seigneur que de la partie NE du terroir et d’une portion du village.
Au XVème siècle plusieurs des anciennes maisons seigneuriales font place à des familles de haute bourgeoisie, généralement enrichies par le commerce, qui achètent leurs terres et en joignent le titre à leur nom.
Les Rosset sont marchands de draps à Lodève (seigneur de la Vernède).
Les guerres de religion profitent à ces seigneurs sont aussi marchands.
Au XVII et au debout du XVIII de riches bourgeois de Montpellier achètent des seigneuries dans le Lodèvois.
après les morcellements du XVI siècle, consécutifs à l’aliénation des biens ecclésiastiques on peut noter une légère tendance au groupement.
Il faut arriver au XVI pour voir apparaître quelques qualificatifs: En mai 1753, le seigneur de st Maurice, Antoine de Barbeirac parvient à faire ériger sa terre en marquisat.
Les territoires des seigneuries constituent des circonscriptions judiciaires, qui sont appelées juridictions ordinaires ou bannerettes.
l’administration monarchique a considérablement réduit la compétence de cette justice.
Le sénéchal peut ôter au juge du seigneur la connaissance de n’importe quelle affaire, lorsque celui ci n’a pas informé dans les 24 heures.
Chaque seigneurie comprend un juge, un procureur et un greffier. Le juge est appelé viguier dans les localités importantes et baile ou bailli dans les petites seigneuries.
La justice de tous les lieux ou l’évêque est le seigneur particulier s’exerce à Lodève.
Le procureur épiscopal de Lodève est d’habitude un notaire de lodève.
De même, c’est à St Guilhem que les Bénédictins de ce bourg font administrer la justice de toutes les localises qui dépendent d’eux.
Les charges des juges ne sont pas très absorbantes et ils peuvent être juges de plusieurs seigneurs à la fois.
Les charges judiciaires restent souvent dans les mêmes familles. Les Mazerand au Caylar, les Seguret à st jean de la Blaquière...
les Banalités:
On désigne sous ce terme le monopole seigneurial des fours à cuire le pain et parfois des moulins à blé. Quand un four banal existe dans uns seigneurie’ les habitants ne peuvent faire cuire le pain ailleurs sinon ils doivent payer une amende.En 1732, un hahitant du Caylar ayant construit un four chez lui le senecal le condamne à le démolir.
A Lodève, le droit se partage entre le prélat et son chapitre. Le four de saint Pierre, répondant à la ville populaire et celui de la Broussonnelle répondant à la cite épiscopale, dans la rue des Bourneaux. En 1730, les habitants estiment que deux fours ne suffisent pas à leurs besoins> Ils assignent l’évêque et les chanoines devant le sénéchal de Béziers, en vue de la création d’un troisième four. L’affaire 3est porté aux requêtes du Palais à Toulouse. Pour éviter une condamnation, le prélat et le chapitre construisent de concert un troisième four en bas de la rue de la lergue sur l’emplacement de l’ancien hôpital.
Le seigneur qui possède le four banal ou le fournier, s’oblige à l’entretenir en bon état. Il lève un droit de fournage ou de cuisande. Il consiste en général dans le lodevois au trentième de la pâte ou du pain. L’obligation de fournir le bois incombe à tour de rôle chaque semaine à un habitant. Souvent le seigneur, responsable du four ne l’exploite pas lui-même. Ceux situés dans les villes rapportent beaucoup
Canet et les Salces possèdent un moulin banal.
La Tonlieu de la boucherie:
C’est un droit en nature sur les animaux abattus pour la consommation. Cette redevance est très ancienne. Elle est mentionnée des 884. Ensuite st Fulcran en 975 accorde une partie de ce droit à son chapitre.
Droit de Corvée:
Les corvées sont des journées de travail gratuites que le seigneur est en droit d’exiger. Elles ne sont pas très répandues dans le Lodevois.
Droit de Coupe:
Il s’agit du droit de mesurage des grains, que les étrangers viennent vendre tous les jours au marché. Les habitants où se tiennent ces marchés en sont exempts. Pour attirer les commerçants aux foires, le droit de coupe n’est pas perçu.
Les Hôpitaux:
Des le IX siècle, des institutions charitables avaient été créées sous l´égide de l´église avec le concours de générosités privées. Des hôpitaux plus ou moins importants étaient fondés dans la région. Certains étaient spécialisés aux lépreux, d´autres avaient pour mission essentielle de porter secours aux pauvres et aux voyageurs.
A la sortie de la Vacquerie un lieu nommé l´ hôpital existe encore.
Dés le moyen age chaque établissement était desservi par un hospitalier qui prépare la nourriture des pauvres. Au XVIII siècle il s´agit le plus souvent d´ une femme à qui on donne le nom de sœur en dépit de sa qualité de laïque.
Le rôle de l´ église:
Apres que Charles Martel eut sauvé la chretienneté, le duc d´ aquitaine refuse dans notre région l´ autorité de Pépin le Bref. Mais le duc est vaincu, le duché d'aquitaine devient un royaume. En 778 Charlemagne a soumis les Aquitains. L´ abbaye de Gellone, fondée par Guillaume d´ Orange, comte de Toulouse et parent et ami de Charlemagne fut comblée par ce souverain. Parmi les dons on trouve celui fait par Lodovicus rex serenissimus au bienheureux Guillaume du lieu appelé Castries avec son église Saint Martin en 807.
A la Vacquerie, l´ évêque est seigneur que d’une partie du village, l´autre se trouve sous la juridiction de l´ abbaye de saint Guilhem. Au delà de la rue saint Guilhem se trouve la Parro terre que jean Villa acheta, l´ an 1778 aux abbés de saint Guilhem au prix de 1099 livres... droit de lods 111 livres....
Au milieu des habitations, se situe les restes d´ une maison à arcades qui appartenait aux abbés de st guilhem.
Etymologiquement la Vacquerie indique un lieu de pacage de vaches dépendant de l´ abbaye.(sculpture d´ une tête de bovin sur un porche en face de l´ église et cabanes autour du village).
Dés 1488, le camérier de l´abbaye de st Guilhem inféode à la famille Vissec de la Tude le domaine de saint Martin de Castries.
En 1753 les terres de st Maurice, de la Prunarède, du castelet, de la Cisternette sont réunies et ériges en marquisat, en faveur de messire de Barbeyrac seigneur de saint Maurice.
Les brigands créent au moyen age une insécurité parfaite.Le pas de l´ escalette fut un repaire de detrousseurs. Pons de Leras(seigneur de l´ escalette) et le seigneur de madieres furent des voleurs de haute naissance. Pons de Léras y renonça et après une ultime humiliation devant de nombreuses personnes et l´ vaque Pierre de Raimond fonda en 1132 le monastère de Silvanes où il mourut.(110)
La Tourmente de la Guerre de cent ans:
Par le traite de Brétigny(1360) jean le Bon cède avec le limousin et le Rouergue, le sud Ouest à l´ angleterre. c´ est l´ incursion des "routiers".Les Anglais libèrent de nombreux prisonniers qui errent par bande sur le rouergue. En 1361 trois mille routiers passent de Lodève dans les Cévennes et s´ emparent du Vigan. En 1367 ils font le siège de la Couvertoirade mais ne peuvent s´en emparer.
En 1380 une compagnie de routiers ravage le Larzac. L´ an 1383 les "Engleses' qui occupent Carlat raflent tous les bestiaux au Caylar.
Jusqu´ en 1391 les Routiers qui vivent sur St Eulalie, Nant, La Panouse au dépens du Larzac.
Jean III d'Armagnac finit par les chasser.
Durant les premières années du XV siècle, les Anglais infligent à la France la défaite d´ Azincourt (1415) et le fameux traité de Troyes.
Les Armagnacs sont comtes de Rodez et se battent contre les Bourguignons. La région du Vigan ayant opté pour le parti Bourguignon, puis pour le roi, les Armagnacs incendient le village de Montdardier.

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